Dans mon parcours professionnel, j’ai reçu et reçois encore majoritairement des personnes que certains ont pu qualifier de « haut potentiel », « précoce », « surdoué », « surefficient », mais aussi hypersensibles, qui parfois ont des « troubles dys », dyslexiques, troubles de l’attention, du comportement…

Ces diagnostics, étiquettes médicales qui, si elles peuvent rendre service à certains moments, me semblent réductrices, manquent de poésie à mon goût. Aussi, je propose aux personnes que je reçois ce petit questionnaire pour évaluer ensemble s’ils sont des « cygnes » selon ma définition. Je vous propose d’y répondre pour vous, avec le plus de franchise et de spontanéité possibles :

  • Vous pensez-vous intelligent-e ?
  • Diriez-vous que vous êtes sensible ?
  • Avez-vous le sentiment que les émotions des autres font des vaguelettes là où pour vous, elles font de grosses vagues ?
  • Avez-vous le sentiment que vous pensez trop ?
  • Est-ce que la justice, l’injustice, le respect sont importants pour vous ?
  • Etes-vous facilement inquiet-e, souvent plus pour les autres que pour vous ?
  • Dit-on de vous que vous êtes gentil-le, très gentil-le voire trop ?
  • Diriez-vous que vous êtes exigent-e avec vous ?

Si vous avez majoritairement répondu oui à ce questionnaire, je vous propose de vous souvenir de l’histoire du vilain petit canard, comment se termine-t-elle ?

Si vous ne la connaissez pas ou ne vous en souvenez pas très bien, je vous invite à la lire ci-après, en étant particulièrement à l’écoute des émotions que cette histoire suscite en vous. Alors, vous reconnaissez-vous comme un cygne ?

Le vilain petit canard

d’après le conte de Hans Christian Andersen

À la campagne, en plein été, une cane couve ses œufs sur un nid douillet. Soudain, elle entend de petits craquements. Chacun à leur tour, les œufs éclosent et laissent sortir des canetons d’un jaune éclatant. Seul un œuf, le plus gros, est toujours intact. La cane en a assez de couver, mais elle continue jusqu’à la naissance de ce dernier caneton. Elle s’aperçoit qu’il est gris, laid et plus grand que les autres. Elle le conduit tout de même jusqu’au lac pour qu’il puisse nager avec ses frères et sœurs. Alors que tous les animaux présents autour de l’eau admirent les canetons jaunes, qui font la fierté de leur maman, ils se moquent de l’allure du vilain petit canard. Peu à peu, le pauvre caneton est délaissé par tout le monde, y compris par sa famille. Alors, un jour, il prend son courage à deux mains et décide de partir.

Le vilain petit canard arrive jusqu’à un marais où il croise deux oies sauvages. « Tu es si laid que tu nous plais, lui disent-elles. Veux tu devenir un oiseau migrateur comme nous ? ». Les oies ont l’air sympathique, mais des chasseurs arrivent et coupent court à la conversation. Tout le monde s’enfuit, y compris le caneton. Il court sans regarder derrière lui et arrive jusqu’à une vieille maison. Là, une dame le recueille en pensant qu’il s’agit d’une cane et qu’elle pourra avoir des œufs. Évidemment, les semaines passent et le caneton ne peut pas pondre. Le chat et la poule de la vieille dame se moquent de lui tous les jours, si bien qu’il finit encore par partir.

Le canard gris passe la fin de l’automne et tout l’hiver dehors, rejeté par les autres animaux à cause de son apparence. Au printemps, alors que le soleil revient, il se rend près d’un lac et croise trois superbes cygnes, dont il admire la beauté. En le voyant, ils accourent vers lui en battant des ailes. Le vilain petit canard pense qu’ils viennent pour se moquer de lui et baisse la tête d’un air triste. Il aperçoit alors son reflet dans l’eau : surprise, il n’est plus un caneton gris et vilain. Le gros œuf que couvait la cane était en réalité un œuf de cygne. En grandissant, celui qui ne ressemblait pas à ses frères et sœurs est donc devenu un magnifique oiseau blanc ! Les autres l’accueillent en le caressant avec leurs becs. Ils l’invitent à se promener avec eux sur le lac. Des enfants qui passent par là s’écrient : « Il y a un nouveau cygne ! Il est si jeune et si beau ! ». Moqué lorsqu’il était petit, l’oiseau est désormais admiré de tous. « Jamais je n’ai rêvé d’un tel bonheur quand j’étais le vilain petit canard », se dit-il.